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Fragilité de la situation politique au Pérou

Les informations ci-dessous sont tirées d’une part d’un texte bien référencé reçu d’Aline Lambourg, présidente de Quebracho, et d’autre part de courriers envoyés par Consuelo, responsable de nos centres de Trujillo : que l’une et l’autre soient remerciées de leur envoi. Quelques précisions ont été trouvées sur Wikipédia. 

Instabilité et blocages politiques 

Les partis politiques sont en crise. Dans la classe politique on observe une grande perte des valeurs. Les intérêts particuliers des chefs de parti priment sur ceux du pays. Ils s’inquiètent encore moins des classes les plus pauvres, majoritaires pourtant dans la population. 

Au cours des dernières décennies la corruption s’est progressivement développée à tous les niveaux : au sein de l’exécutif, du parlement, des gouvernements régionaux, des mairies… Les grands consortiums d’entreprises, nationales et internationales, financent les leaders des partis les mieux à même de favoriser leurs intérêts : à chaque élection surgissent de nouveaux partis dont beaucoup disparaissent une fois les élections passées. Le personnel politique, dans sa majorité, est aussi insuffisamment préparé à occuper les postes recherchés. Une fois élus, beaucoup oublient les promesses faites à la population, privilégiant les entreprises les ayant aidés, en leur accordant des contrats d’exploitation des richesses du pays sur 10, 50 ou 100 ans, comme pour le gaz, le pétrole, l’énergie électrique, la pêche, les ports, l’exploitation des forêts… 

Lors du dernier processus électoral une grande polarisation des citoyens est apparue :

  • Candidat de gauche soutenu par l’extrême gauche, Pedro Castillo, instituteur d’origine et ancien syndicaliste enseignant, a été élu en juin 2021 à une très courte majorité (50,12 % des voix), grâce au vote majoritaire de la population andine, fatiguée de se sentir délaissée (éducation, santé… ), désireuse aussi que cesse la façon dont les grands consortiums détruisent l’environnement en exploitant, à leur seul profit, fleuves, forêts et richesses naturelles. 

  • L’extrême droite a reçu, elle, les voix de ceux qui, malgré les promesses de Pedro Castillo, craignent les expropriations, l’arrêt de l’investissement, la fuite des capitaux, la fermeture des usines, la perte de postes de travail, en un mot, que le pays ne devienne un nouveau Cuba ou un nouveau Vénézuéla. 

Le pays donne l’impression d’être toujours en période électorale : appels à l’élection d’une Assemblée Constituante ; vote par le Congrès de la révocation de plusieurs ministres ; souhait de membres du Congrès de rassembler une majorité pour voter la révocation du président, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois par le passé. Cette opposition entre législatif (Congrès des députés) et exécutif (Président, premier ministre et gouvernement) crée une situation instable 

Un contexte politique de ce fait peu propice à la résolution des problèmes concrets du pays 

  • Situation sanitaire précaire : le variant Delta reste majoritaire, Omicron progresse. 80% des > 11 ans ont reçu les deux premières doses de vaccin ; la 3ème a commencé pour les soignants et les personnes âgées. Couvre-feux, jauges et autres restrictions de retour cependant dans les zones les plus touchées. 

  • Sortie difficile de la crise économique et sociale provoquée par la pandémie: une reprise économique s’est amorcée mais dans un contexte socialement très dégradé (augmentation des prix aggravant la crise alimentaire dont souffre le tiers de la population vivant sous le seuil de pauvreté (< 100 $/mois) : des milliers de familles contraintes de fréquenter des soupes populaires dont le nombre a explosé ; manque d’emplois dus à la faillite de nombre de petites entreprises pendant le confinement. Et face à cela des blocages politiques empêchant une gouvernance du pays répondant aux besoins de la population.

  • Une scolarisation mise à mal : 90% des écoles fermées (élèves censés suivre les cours en ligne, mais 60% de foyers sans connexion internet, 95% même en zone rurale) ; nombreuses déscolarisations (graves conséquences en termes d’apprentissage, de bien-être et santé mentale des enfants et des adolescents) ; réouverture pas envisagée avant fin mars, avec une autonomie renforcée des écoles (risques d’inégalité entre centre-ville et périphéries). Problème supplémentaire : recruter des enseignants, de nombreux ayant quitté leur métier.

  • Une augmentation de l’insécurité et de la violence : croissance spectaculaire des extorsions et des meurtres perpétrés en plein jour par des tueurs à gage ; Rosario (sœur de Consuelo) le confirme : il ne faut sortir qu’à certaines heures et ne rien avoir sur soi, aucun argent, aucun objet de valeur !

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